Flèche Bulletin numéro 8
Septembre1965

 Raoul GERMOND

 

 

UN MÉDECIN ACCOMMODANT

Du 26 décembre 1806 étude Deboneull.- "... Fut présente Dlle Pauline Pillard, fille majeure, demeurant en ce lieu de Mauzé, laquelle a reconnu par ces présentes devoir bien et légitimement à Mr; Louis Bourdon, docteur médecin, présent et acceptant, la somme de 500 francs pour avoir pansé régulièrement, deux fois par jour, durant tout le cours de la présente année 1806, un large ulcère que porte la dite demoiselle Pillard à la jambe droite et fourni pour les pansements le quinquina, l'onguent et la charpie À la dite demoiselle Pillard ne pouvant s'acquitter d'une telle somme sans se défaire de quelque domaine, se repose sur la complaisance du dit sieur Bourdon des procédés duquel elle est très satisfaite, Le sieur Bourdon, de son côté, ne voulant nullement la mettre dans la gêne, souscrit volontiers à ne faire aucune demande de la dite somme de 500 francs pendant la vie de la demoiselle Pillard et à ne l'exiger que de ses héritiers lesquels seront tenus d'en faire l'acquittement en numéraire monnaie du cours et bon autrement, un intérêt de Cinq pour cent par année, sans aucune retenue, étant ajouté au susdit capital.

Pour sûreté et garantie de la dite somme de 500 francs, avec les intérêts à échoir, la dite demoiselle Pillard hypothèque spécialement trois pièces de pré attenant à sa maison de demeure, formant ensemble trois journaux (1ha 2a 57ca)."

Il est à supposer que cette façon de régler les honoraires était plutôt exceptionnelle. En décembre 1806, le docteur Louis Bourdon venait juste d'hériter de sa tante, Élisabeth Bourdon, hôtesse du Chêne Vert. Sans doute ne connaissait-il pas de pressants besoins d'argent.

R.G.