Flèche Bulletin numéro 8
Septembre1965

 Raoul Germond
Louis Fradin

 

 

 

DANS QUEL TABLIER MR. DE COMPAING A-T-IL ÉTÉ ENSEVELI ?

Lorsqu'on examine un peu attentivement les registres paroissiaux de St Pierre de Mauzé, on y trouve quantité de petites inexactitudes quant aux appellations des différentes cérémonies : sépulture pour abjuration, réparations pour baptêmes baptêmes de cloches pour enterrements, mais on ne peut supposer qu'il y ait eu erreur quand il s'agit de Mr. Charles de Compin (sic) sieur du Bouqueteau (1).

Charles de Compaing a été inhumé le 17 janvier 1692, dans la nef de la Sainte Vierge, en l’église St Pierre et proche de cet autel. Sa pierre tombale doit se trouver sous le confessionnal de cette aile gauche. Il était décédé à 67-ans, au logis du Tablier.

À cette époque, ce logis était situé au Champbranger, ainsi qu'en fait foi un acte Pillard du 24 février 1689 (2).

Dans le bulletin de septembre 1964, Mr. Raoul Germond, complétant ce qu'avait dit l'abbé Tribert sur le logis du Tablier qu'on trouvait en face du château, affirme qu'au 18eme siècle, ce logis était une auberge à l'enseigne du Tablier, appartenant à Jacques Cochard et dont les bâtiments entouraient la cour Goy. Le logis du Tablier dont il est question dans le partage Delavault-Broussier de 1689 était-il aussi une auberge ? Mais alors Mr. De Compaing aurait délaissé son logis du Bouqueteau pour venir finir ses jours dans un modeste hôtel situé à proximité du Vieux-Marché. Peut-être un jour de foire a-t-il été surpris par la maladie. Peut-être l'enseigne de l'auberge a-t-elle émigré du Vieux-Marché aux abords du Mignon.

Mais il y a d'autres "Tabliers" à Mauzé. Les places et matrices cadastraux de 1808 en font foi. Il y eut les moulins du Tablier. Ils étaient situés au nord de la route de Rochefort, à quelques mètres-de celle-ci, à la hauteur du passage à niveau S.N.C.F. dit du Bouqueteau. Ils doublaient lors de la sécheresse estivale (déjà) les moulins à eau dits banaux situés sur le Mignon. À proximité de ces derniers moulins, entre le Mignon et à la ruelle qui les joint à la rue du Doué, les mottes et jardins portaient le nom de "Mottes du Tablier". Elles relaient en fait les moulins à eau au faubourg du Champbranger. Alors, en 1808, dépendaient-elles du logis du Tablier du château ou de celui du Champbranger ?

Aux obsèques du "de cujus" assistaient MM. Chabaud, vicaire, Gaborit, clerc tonsuré, Monsieur de la Chaignée, son frère, Monsieur du Plantis, son beau-frère, et plusieurs parents et amis. Entouré de sa famille, Mr. de Compaing a-t-il contemplé pendant sa maladie les douves déclassées emplies par les pluies de l'hiver ou les allées jonchées de feuilles mortes des ormeaux du chat eau ? A-t-il entendu dans ses dernières heures les tractations probablement sonores du Vieux-Marché ou les glissades des jeunes Mauzéens sur un bief pris par le gel ? Était-ce dans une auberge empestée de relents de cuisine ou d'odeurs d'écurie, ou dans une habitation bourgeoise, au milieu de parents et d’un personnel dévoué ? Si Mr. de la Chaignée était un Compaing, qui était ce Mr. du Plantis, son beau-frère ? Autant de questions à résoudre, autant de sujets pour les chercheurs de notre société.

Mais cela fait beaucoup de Tabliers pour ensevelir ce pauvre Mr. de Compaing.

Louis Fradin.

Vous faites bien, mon cher confrère, de relever que le nom de Tablier s'appliquait a d'autres lieux que l'auberge située en face du château. Il y eut effectivement, non pas, me semble-t-il, les moulins, mais le moulin à vent du Tablier situé sur la hauteur de Bel-Air et parmi les lieux-dits qui figurent au cadastre se trouvent les mottes, non pas du Tablier, mais des Tabliers. Je n’en ai pas parlé parce que ce n'était pas mon propos. Je n'ai pas parlé non plus de l'ancien fief du Logis du Tablier parce que je n'avais rien à en dire» Je me suis borné prudemment à relater ce qui me paraît certain.

Vous dites qu'un acte Pillard du 24 février 1689 prouve qu'il existait un logis du Tablier au Champbranger et vous vous demandez si ce logis était aussi une auberge. Je crains que vous n'ayez eu sous les yeux qu'un résumé de l’acte de 1689, un résumé fautif, car il n'est point question dans cet acte d'un jardin contenant deux boisselées de terre au logis du Tablier, mais bien d'un jardin "situé en la seigneurie du logis du Tablier du dit Mauzé“, ce qui, vous ne l'ignorez pas, est tout à fait différent. La confrontation de ce jardin qui tenait, en effet, vers l'orient à la rue conduisant du Champbranger à Mauzé, et, vers l'occident, au cimetière des protestants, cette confrontation, dis-je, n'indique nulle ment où était situé le Logis du Tablier, pas plus que la confrontation de la maison, voisine de la porte Gourreau, qui faisait l’objet du même partage, mais qui, elle, relevait de la seigneurie du château, n'indique l'emplacement du château de Mauzé. Je suis persuadé qu'il n'y a jamais eu au Champbranger d'auberge à l'enseigne du Tablier.

Quant à la seigneurie du Logis du Tablier, encore une fois, j'avoue mon ignorance.

Les précisions que vous apportez au sujet de l'inhumation de Mr. de Compaing sont des plus intéressantes, mais, à mon sens du moins, la mort de ce gentilhomme dans une auberge paraît assez improbable. Il est bon néanmoins, comme vous faites, de proposer des questions à la sagacité des chercheurs de notre société. Leur émulation ne sera jamais trop stimulée,

R.G.

(1) les restes de ce fief existaient encore il y a une quarantaine d'années et se trouvaient à 400 m. à l'est de la station S.N.C.F. de St Pierre d”Amilly, à 200 m. de la voie ferrée.

(2) Actes Pillard. Dossier IV - Partage entre Philippe Delavault et François Broussier : "la moitié d'un jardin contenant deux boisselées de terre au logis du Tablier tenant vers l'orient à la rue qui conduit du Champbranger a Mauzé, a l'occident au cimetière des gens de la R.P.R., du midi au jardin du sieur Bouricault, au nord a celui de Jabob Thouzie."

Lorsqu'on examine un peu attentivement les registres paroissiaux de St Pierre de Mauzé, on y trouve quantité de petites inexactitudes quant aux appellations des différentes cérémonies : sépulture pour abjuration, réparations pour baptêmes baptêmes de cloches pour enterrements, mais on ne peut supposer qu'il y ait eu erreur quand il s'agit de Mr. Charles de Compin (sic) sieur du Bouqueteau (1).

Charles de Compaing a été inhumé le 17 janvier 1692, dans la nef de la Sainte Vierge, en l’église St Pierre et proche de cet autel. Sa pierre tombale doit se trouver sous le confessionnal de cette aile gauche. Il était décédé à 67-ans, au logis du Tablier.

À cette époque, ce logis était situé au Champbranger, ainsi qu'en fait foi un acte Pillard du 24 février 1689 (2).

Dans le bulletin de septembre 1964, Mr. Raoul Germond, complétant ce qu'avait dit l'abbé Tribert sur le logis du Tablier qu'on trouvait en face du château, affirme qu'au 18eme siècle, ce logis était une auberge à l'enseigne du Tablier, appartenant à Jacques Cochard et dont les bâtiments entouraient la cour Goy. Le logis du Tablier dont il est question dans le partage Delavault-Broussier de 1689 était-il aussi une auberge ? Mais alors Mr. De Compaing aurait délaissé son logis du Bouqueteau pour venir finir ses jours dans un modeste hôtel situé à proximité du Vieux-Marché. Peut-être un jour de foire a-t-il été surpris par la maladie. Peut-être l'enseigne de l'auberge a-t-elle émigré du Vieux-Marché aux abords du Mignon.

Mais il y a d'autres "Tabliers" à Mauzé. Les places et matrices cadastraux de 1808 en font foi. Il y eut les moulins du Tablier. Ils étaient situés au nord de la route de Rochefort, à quelques mètres-de celle-ci, à la hauteur du passage à niveau S.N.C.F. dit du Bouqueteau. Ils doublaient lors de la sécheresse estivale (déjà) les moulins à eau dits banaux situés sur le Mignon. À proximité de ces derniers moulins, entre le Mignon et à la ruelle qui les joint à la rue du Doué, les mottes et jardins portaient le nom de "Mottes du Tablier". Elles relaient en fait les moulins à eau au faubourg du Champbranger. Alors, en 1808, dépendaient-elles du logis du Tablier du château ou de celui du Champbranger ?

Aux obsèques du "de cujus" assistaient MM. Chabaud, vicaire, Gaborit, clerc tonsuré, Monsieur de la Chaignée, son frère, Monsieur du Plantis, son beau-frère, et plusieurs parents et amis. Entouré de sa famille, Mr. de Compaing a-t-il contemplé pendant sa maladie les douves déclassées emplies par les pluies de l'hiver ou les allées jonchées de feuilles mortes des ormeaux du chat eau ? A-t-il entendu dans ses dernières heures les tractations probablement sonores du Vieux-Marché ou les glissades des jeunes Mauzéens sur un bief pris par le gel ? Était-ce dans une auberge empestée de relents de cuisine ou d'odeurs d'écurie, ou dans une habitation bourgeoise, au milieu de parents et d’un personnel dévoué ? Si Mr. de la Chaignée était un Compaing, qui était ce Mr. du Plantis, son beau-frère ? Autant de questions à résoudre, autant de sujets pour les chercheurs de notre société.

Mais cela fait beaucoup de Tabliers pour ensevelir ce pauvre Mr. de Compaing.

Louis Fradin.

Vous faites bien, mon cher confrère, de relever que le nom de Tablier s'appliquait a d'autres lieux que l'auberge située en face du château. Il y eut effectivement, non pas, me semble-t-il, les moulins, mais le moulin à vent du Tablier situé sur la hauteur de Bel-Air et parmi les lieux-dits qui figurent au cadastre se trouvent les mottes, non pas du Tablier, mais des Tabliers. Je n’en ai pas parlé parce que ce n'était pas mon propos. Je n'ai pas parlé non plus de l'ancien fief du Logis du Tablier parce que je n'avais rien à en dire» Je me suis borné prudemment à relater ce qui me paraît certain.

Vous dites qu'un acte Pillard du 24 février 1689 prouve qu'il existait un logis du Tablier au Champbranger et vous vous demandez si ce logis était aussi une auberge. Je crains que vous n'ayez eu sous les yeux qu'un résumé de l’acte de 1689, un résumé fautif, car il n'est point question dans cet acte d'un jardin contenant deux boisselées de terre au logis du Tablier, mais bien d'un jardin "situé en la seigneurie du logis du Tablier du dit Mauzé“, ce qui, vous ne l'ignorez pas, est tout à fait différent. La confrontation de ce jardin qui tenait, en effet, vers l'orient à la rue conduisant du Champbranger à Mauzé, et, vers l'occident, au cimetière des protestants, cette confrontation, dis-je, n'indique nulle ment où était situé le Logis du Tablier, pas plus que la confrontation de la maison, voisine de la porte Gourreau, qui faisait l’objet du même partage, mais qui, elle, relevait de la seigneurie du château, n'indique l'emplacement du château de Mauzé. Je suis persuadé qu'il n'y a jamais eu au Champbranger d'auberge à l'enseigne du Tablier.

Quant à la seigneurie du Logis du Tablier, encore une fois, j'avoue mon ignorance.

Les précisions que vous apportez au sujet de l'inhumation de Mr. de Compaing sont des plus intéressantes, mais, à mon sens du moins, la mort de ce gentilhomme dans une auberge paraît assez improbable. Il est bon néanmoins, comme vous faites, de proposer des questions à la sagacité des chercheurs de notre société. Leur émulation ne sera jamais trop stimulée,

R.G.

(1) les restes de ce fief existaient encore il y a une quarantaine d'années et se trouvaient à 400 m. à l'est de la station S.N.C.F. de St Pierre d”Amilly, à 200 m. de la voie ferrée.

(2) Actes Pillard. Dossier IV - Partage entre Philippe Delavault et François Broussier : "la moitié d'un jardin contenant deux boisselées de terre au logis du Tablier tenant vers l'orient à la rue qui conduit du Champbranger a Mauzé, a l'occident au cimetière des gens de la R.P.R., du midi au jardin du sieur Bouricault, au nord a celui de Jabob Thouzie."